Comment détecter l’Asperger chez son enfant ?

 

 

Je vais vous parler de quelques points, et dans un désordre total, notamment des points suivants qui permettent de se poser des questions, d’envisager un test. Bien évidemment, la liste de ces "signes" éventuels d'un Asperger n'est PAS EXHAUSTIVE, de multiples autres "caractéristiques" peuvent être cités (comme éviter le regard de l'autre, avoir un "intérêt spécifique" etc. etc.) :

-         Une curiosité étonnante

-         Une façon de jouer différente

-         Une autre façon de s’intégrer dans les groupes d’enfants

-         Un langage développé très tôt

-         Les premières crises

-         Le « flapping »

-         Une démarche particulière

-         Des bruits étranges qu’ils font

-         L’objet qu’ils tournent entre les doigts

-         Des réactions inadaptées

-         Ils ont des sens surdéveloppés

-         Il ne semble pas ressentir la douleur

-         Il a un grand besoin d’explications

-         ….

 

N’hésitez pas à faire tester votre enfant si vous avez un doute. Plus vous découvrirez l’autisme tôt, mieux vous pourrez l’aider à surmonter cette différence (je ne considère pas du tout l’Asperger comme un handicap, au contraire, c’est une qualité, mais c’est aussi une différence, et toute différence est difficile à vivre).

 

 

 

MAIS deux choses avant de vous en parler :

 

-          D’abord une rapide distinction entre l’Asperger et l’autiste

-          Puis POURQUOI IL NE FAUT PAS VOULOIR que son enfant soit Asperger (ou autiste haut niveau) – eh oui, beaucoup espèrent secrètement ce diagnostic puisque les Asperger deviennent souvent des adultes brillants (mais pas toujours !!!!!! et généralement que dans certains domaines !!!!)

 

1/ La différence entre l’Asperger et l’Autiste

 

N’oublions pas que si le Syndrome d’Asperger est sur le spectre autistique, dont il partage de nombreux traits, il se distingue pourtant – parfois nettement, parfois moins – de l’autisme ou de l’autisme haut niveau.

 

Les principales différences avec l’autisme (de haut niveau ou non) sont :

-          L’Asperger parle souvent très tôt et extrèmement bien, son vocabulaire progresse vite, ses mots se composent fréquemment de plusieurs syllabes, il construit rapidement des phrases

-          L’Asperger VEUT entrer en communication, il VEUT interagir socialement ; MAIS il ne dispose pas des clés nécessaires !

-          Globalement, souvent (pas toujours) l’autisme est moins lourd que chez l’autiste.

MAIS l’Asperger reste sur le spectre autistique, il en partage les principales difficultés. Il ne disposera pas naturellement des clés des relations sociales, aura du mal à communiquer – non pas par manque de mots, mais de compréhension des situations.

Je vous donne un exemple : tout enfant sait naturellement qu’on dit bonjour avec un petit sourire. Qu’on peut ajouter un « ça va ? », auquel l’autre répondra naturellement « ça va ». Les petits badinages faciles, qu’on n’apprend pas mais qu’on connaît instinctivement.

Pas l’autiste ou l’Asperger. Il ne sourira pas naturellement, il ne saura pas à quelle distance se tenir pour dire bonjour, s’il faut crier ou murmurer le mot, quand on lui demande « ça va », il risque de partir dans un long monologue pour parler de lui.

Mais l’Asperger PEUT APPRENDRE les règles. Il en aura surtout très envie ! Profitez-en ! C’est particulièrement difficile, mais parfaitement possible. Et plus tôt on commence, mieux c’est !

N’hésitez donc JAMAIS à expliquer « regarde, ce garçon fait CA pour cette raison. Tu peux alors répondre telle chose, il pourra se passer ça ». Expliquez, expliquez, expliquez. L’Asperger est brillant, il apprendra les règles sociales comme les mathématiques. Comme l’histoire. Comme ce qui peut l’intéresser.

 

2/ Pourquoi ne faut-il pas souhaiter que son enfant soit un Asperger ?

 

Nombreux sont ceux qui espèrent découvrir qu’ils sont eux-mêmes des Asperger ou que leur enfant en soit un. Pourquoi ? Parce que les médias nous montrent des jeunes gens brillants qui en sont. Les plus grands génies de ce monde sont souvent des Asperger. C’est ainsi, il faut un « grain » pour dépasser la masse.

Seulement, ces gens, qui souhaitent peut-être même inconsciemment se découvrir être un Asperger ou avoir un enfant Asperger oublient le principal :

Ce n’est pas simple, et on n’en guérit pas.

L’enfance des enfants Asperger est un combat énorme, au quotidien. Souvent ils n’ont pas d’amis alors qu’on aimerait en avoir, ils se font souvent chahuter, agresser, embêter, ils ne parviennent pas à s’intégrer, surtout jeune, quand ils ne se maîtrisent pas et ont crise sur crise sur crise.

Certains sont renvoyés dans des institutions. D’autres sont mis à l’écart.

Certains ont de la chance, leur cerveau brillant en fait des chouchous de leurs professeurs. Mais est-ce véritablement de la chance ?

Et dans le quotidien, ils subissent l’agression du bruit, de la lumière, des sensations, des odeurs, une agression constante. Le plus grand problème est effectivement le fait d’avoir des sens surdéveloppés, bien supérieurs aux sens des Neurotypiques.

Les adultes ou jeunes qu’on voit à la télévision y sont de plus montrés dans leurs moments de brillance. Dans leur domaine de prédilection (certains en ont plusieurs). Vous avez le virtuose du violon, le mathématicien hors pair, le jeune qui apprend une langue en deux semaines …

Mais ce n’est qu’une partie de leur vie. Le reste est combat. Aller acheter un pain à la boulangerie est un exploit presque insurmontable pour eux ! Prendre le bus devient parfois impossible (bruit, proximité avec les gens, odeurs, microbes …).

Ce n’est qu’une facette.

Et si vous-même vous sentez incompris et vous vous dites « mais, j’en suis un », n’espérez surtout pas secrètement en être. Ce n’est pas un handicap, mais une différence. Mais ce n’est pas nécessairement VOTRE différence, et rien n’est pire de vouloir appartenir à un groupe auquel, tout simplement, on n’appartient pas.

Comment disait cette petite blague qui circulait sur internet ? Rien de mieux que de trouver des amies qui ont le même type de folie que vous-même.

Ce n’est pas nécessairement le groupe des Asperger. Mais cela peut l’être.

 

ALORS, venons-en au fait :

 

 

COMMENT PEUT-ON DETECTER L’ASPERGER CHEZ UN JEUNE ENFANT ????

 

Ce n’est pas simple. Et chez chaque enfant les indices sont différents.

Si vous n’avez jamais eu d’enfant, c’est  un peu plus dur puisque vous n’aurez pas de comparaison de normalité, et vous ne vous en apercevrez qu’à l’entrée à l’école, où on vous dira que votre enfant a un souci.

En réfléchissant, vous vous dites alors « et oui, j’aurais dû le voir ».

 

Voici les tous premiers signes que j’ai pu voir chez MON fils. J’y ajoute quelques éléments que m’ont rapportés les parents d’autres enfants Asperger. Mais elle est loin d’être exhaustive (je ne parle pas de "pointer du doigt", d'éviter le regard, d'avoir un intérêt spécifique etc. etc.) et je serais ravie d’avoir un retour sur VOTRE EXPERIENCE, ce que vous avez vu chez VOTRE petit

 

N’oublions pas que CHAQUE ENFANT, Asperger ou Neurotypique, est DIFFERENT, aucun ne ressemble à un autre. Ce sont simplement des exemples que je vous donne.

Cette liste n’est pas exhaustive. Je suis certaine d’avoir oublié des aspects, je vais sûrement les ajouter au fur et à mesure.

De plus, elle n’est pas par ordre d’importance mais simplement dans l’ordre ou les divers éléments me sont venus à l’esprit. Ce qui me trahit ….

 

Je vous décris donc ici, comme annoncé :

-         Une curiosité étonnante

-         Une façon de jouer différente

-         Une autre façon de s’intégrer dans les groupes d’enfants

-         Un langage développé très tôt

-         Les premières crises

-         Le « flapping »

-         Une démarche particulière

-         Des bruits étranges qu’ils font

-         L’objet qu’ils tournent entre les doigts

-         Des réactions inadaptées

-         Ils ont des sens surdéveloppés

-         Il ne semble pas ressentir la douleur

-         Il a un grand besoin d’explications

-         ….

 

-         Une curiosité étonnante pour certaines choses surprenantes.

En fait, il s’agit plus généralement d’une curiosité d’observation un peu différente de celle des autres enfants, une recherche de compréhension. Un enfant autiste ou Asperger peut passer des heures à ouvrir et fermer les tiroirs (sans jamais toucher au contenu), s’éclater à bouger les portes, à tourner les roues de sa trottinette ou autre chose du même style. Juste pour voir ce mécanisme. Comprendre comment cela marche. Laissez-le. C’est sa façon de jouer.

 

-         Une façon de jouer un petit peu différente.

Mon fils observait. Il ne jouait pas nécessairement, il prenait les jouets, les posait, les laissait tomber, les réorganisait. Une façon de jouer juste un brin à part. Pas totalement classique. Il ne faisait pas « vroum vroum » avec une voiture, ne la faisait pas rouler, mais la retournait et examinait les roues et la façon qu’elles avaient de tourner.

Quand on faisait des bulles de savon, il ne courait pas pour les éclater. Il les suivait, les observait, s’écartait quand une bulle s’approchait pour ne surtout pas l’éclater, justement.

La différence se voit donc plus facilement si on a déjà eu des enfants ou est souvent en contact avec d’autres enfants.

 

-         Une autre façon de s’intégrer dans les petits groupes d’enfants :

Mon fils adore les autres, il est très sociable. Il allait là où les autres jouaient (p.ex. avec des voitures), mais ne prenait pas les siennes, ne jouait pas avec eux, mais se mettait à côté, les observait, riait avec eux. Du coup il était très populaire puisqu’il était bon public !

 

-         Un langage développé très tôt.

Le mien a parlé tôt, et il était bilingue, faisant les traductions alors qu’il était encore à peine assis. Et quand je dis « parler », je ne parle pas des « mamama » ou autres babillages. Il s’agissait de mots fermes, nets, que les étrangers comprenaient. Il a parlé de façon distinct, sans babillage, à 11 mois (avant il babillait des mamama, bababa (balle), papapapa », mais cela n’est pas du langage.

Et une fois qu’il a commencé, la progression de son langage était fulgurante – en deux langues simultanément. En deux mois il a appris tellement de mots que j’ai cessé de les noter avant ses 14 mois, il y avait plus de cinq cents mots (en deux langues, chaque fois). Puis il les a associés alors qu’il avait 13/14 mois. Je me souviens du jour où, à 20 mois, on se promenait dans le jardin et qu’il m’a récité la Balade « John Maynard » de Theodor Fontange (en allemand). Intégralement. Je la lui avait récité trois, peut-être quatre fois. Il avait tout retenu et ne s’est pas trompé une seule fois. Je n’était même pas impressionnée, j’avais l’habitude, ce qui m’a impressionnée c’est qu’il marchait à reculant en le faisant.

De plus, à 14 mois il connaissait tous ses livres PAR CŒUR (p.ex. les insectes, comme Mireille l’Abeille, ou Léon le Bourdon, on tournait la page et il récitait la page par cœur, tout en s’éclatant de joie).

 

-         L’apparition des premières crises.

Il n’est pas facile de distinguer, au début, une crise autistique d’une crise d’enfant mal élevé, et pourtant il est primordial de les reconnaître. Car l’enfant capricieux a besoin de fermeté. L’enfant autistique en crise a besoin de compréhension et d’aide. Notre réaction doit être différente, adaptée à la situation.

Je précise qu’un Asperger peut faire un simple caprice et a alors besoin de la fermeté normale qu’on montre à un enfant NeuroTypique !

Vous apprendrez rapidement a distinguer les crises. Quelque chose dans les yeux. Vous le saurez. Une détresse dans le regard. Cet enfant ne fait pas un caprice, il est en difficulté, il a peur, il est mal. Vous le découvrirez rapidement.

Les crises se déclenchent pour des raisons les plus inattendues. Le déclencheur n’est pas nécessairement la cause, mais simplement la goutte qui fait déborder le vase (du contrôle).

 

-         Le « flapping »

Il s’agit d’un mouvement relativement caractéristique des enfants autistes. Ils secouent leurs mains comme un papillon. Souvent ils ne s’en aperçoivent pas. C’est très caractéristique. Quand l’enfant grandit, on peut lui dire gentiment d’arrêter. Mais pas quand il est petit. Laissez-le, cela lui fait du bien. Mais c’est un signe qui devra vous faire penser à lui faire passer un test d’autisme.

 

-         Les bruits qu’ils font ou attitudes étranges

Comme l’autiste a une oreille souvent hyperdéveloppé, et que l’Asperger plus généralement essaie de suivre tout ce qui se passe autour de lui en même temps (les conversations des voisins, la télévision, le bruit du vent dans les arbres, le jeu des petits copains, le bruit du ballon qui tape contre le mur, les pleurs du bébé, le bruit de l’eau qui s’acoule du robinet … ), cela le surstimule et il s’angoisse, c’est épuisant d’écouter tout cela en même temps, c’est trop. Pour s’isoler, l’Asperger (ou autiste) développe alors très tôt des mécanismes de défense. P.ex. pour ceux qui sont sensible au bruit, ils se couvrent les oreilles, c’est assez flagrant. Mais ils ont un autre moyen : ils font des bruits de gorge, chantent, ou font d’autres bruits de tête pour s’isoler des bruits environnants.

Cela peut être agaçant, mais l’enfant en a impérativement besoin, il et trop petit pour gérer les stimulations externes autrement. Laissez-le. S’il s’éloigne un peu, laissez-le.

Quand il sera plus grand, dites-lui que le bruit qu’il fait est désagréable, vous trouverez alors d’autres moyens de compenser. Mais tant qu’il est petit, il n’a pas d’autre défense !

Des gestes étranges peuvent avoir la même cause. A vous de voir, chaque enfant est différent.

 

-         L’objet qui tourne entre les doigts

Il est très fréquent qu’à un moment ou un autre l’enfant autiste ou Asperger commence à tournoyer des objets entre les doigts. Je pense que cela le détend et qu’en fait il s’agit là encore de concentrer son attention, de s’isoler des impressions extérieures.

Il s’agit néanmoins d’une défense assez classique. Il est EXTREMEMENT fréquent de voir un jeune autiste avec une ficelle, une brindille, un truc bizarre dans les mains à le tournoyer et le tripoter.

En grandissant, proposez lui des objets socialement plus adaptés (une figurine qui « tourne » bien p.ex.). Mais tant qu’il est petit, tant pis, laissez-le.

 

-         Une démarche différente.

Dû souvent à une autre façon de ressentir leurs corps. Souvent les autistes ont besoin de séances de psychomotricité pour prendre conscience de leur corps ; cela les aide beaucoup. Ils n’ont pas la même conscience naturelle d’un enfant de leurs possibilités.

 

-         Des sens surdéveloppés.

L’Asperger a les sens surdéveloppé ; selon l’individu, certains sens sont plus développés que d’autres encore, certains souffrent d’une audition extrême, d’autres sont hypersensitifs et ne peuvent pas porter tout tissu, il faudra leur découper les étiquettes qu’ils ressentent comme un cactus à l’intérieur de leur col, ils ne peuvent porter que du coton etc. etc.

Tout sens peut être surdéveloppé. Cela dépend de l’enfant

L’Asperger ENTEND souvent plus ;f il écoutera le bruit au lointain que vous ne vous entendez même pas et vous posera des questions dessus. Il aura tendance à écouter tout ce qui se passe en même temps, alors attention à ce que vous dites, même s’il est dans la chambre à côté en train de jouer avec le petit frère, alors que la radio joue et que la télévision est allumée. Il suit TOUT DE MEME votre conversation, de loin, et de façon concentrée. Son cerveau en est parfaitement capable, et c’est très dur pour lui, très très fatigant. D’autant plus qu’il doit comprendre tout ce qui se dit ! Imaginez être dans un grand rassemblement qui attend un discours et de suivre absolument toutes les conversations en même temps !

Puis il peut VOIR bien plus : l’Asperger retiendra tous les détails. Il ne verra peut-être même pas l’ensemble, par contre il aura mémorisé jusqu’au moindre caillou par terre. Et gare au changement ! On déplace un truc, il va demander pourquoi, et vous, vous ne saurez même pas de quoi il parle – il pourra alors s’énerver ! J’ai appris à regarder tous les détails moi aussi.

Une hypersensibilité aux tissus : j’en ai parlé un peu plus haut.

Je vais arrêter ma liste, vous imaginez que tous les sens et tous les aspects peuvent être surdéveloppés (gout, toucher …) et ce qui s’ensuit.

 

-         Des réactions inadaptées

L’autiste a souvent des réactions totalement inadaptées. Il peut rire quand il se blesse. Ou encore quand un autre enfant pleure. Ce n’est pas par méchanceté, il ne sait pas comment réagir. Il ressent l’émotion, souvent même plus fortement que le Neurotypique, mais ne sait pas comment extérioriser.

Il peut rester stoïque quand on s’attend à une grande joie, comme lorsqu’il déballe un cadeau. Pourtant, vous découvrirez qu’il était fou de joie, il vous en parlera peut-être encore des mois après !

Juste, il n’a pas naturellement les réactions qu’il faut. Il ne sourira peut-être pas naturellement aux gens, il détournera le regard …

Bref, ses réactions sont socialement inadaptées ; c’est un véritable handicap. Il faudra donc lui apprendre à se comporter. Il est difficile d’apprendre des choses que les autres savent naturellement. Mais c’est possible. Plus tôt vous commencez, mieux c’est. Le mot clé ici est, encore une fois, EXPLICATION.

 

-         Ils ne regardent pas dans les yeux

Il est fréquent que l’autiste ne regarde pas sons interlocuteur dans les yeux. Ils le décrivent comme quelque chose de douloureux. Il faut, malheureusement, qu’il apprenne. Dites à votre enfant de regarder le nez de la personne, cela peut l’aider. Je n’ai pas eu personnellement ce souci avec mon fils, je retranscris donc l’astuce qu’on m’a donnée. Cela peut se poursuivre, l’élève pourra tourner le dos à son instituteur. Il faudra alors tout simplement expliquer à l’instituteur qu’il n’est pas mal élevé, qu’il ne peut se concentrer autrement qu’en écoutant, en détournant son regard. Trop d’impressions, p.ex., des camarades qui s’agitent et qui l’empêchent justement de se concentrer sur ce qui est dit. Il faudra le laisser, c’est le plus simple. Cela n’a rien de méchant. Je pense que c’est franchement une attitude qu’un professeur doit pouvoir tolérer.

 

 

-         Ils semblent ne pas ressentir la douleur

Ou moins. Dans ma famille, nous ne sommes pas très douillets et j’ai élevé mes fils « à la dur ». Le sang ne gicle pas ? Ce n’est pas grave (j’exagère un peu). Pas de « granules », on souffle, bisou magique, c’est fini. Il y a donc un peu d’éducation.

Il est pourtant vrai que, curieusement, alors qu’ils ont des sens surdéveloppés, beaucoup d’autistes ne semblent pas ressentir la douleur comme les neurotypiques. Ils ressentent la douleur, c’est certain, aucun doute, mais moins. Je ne sais pas pourquoi.

Je me souviens que la maîtresse de la petite section de maternelle m’avait un jour demandé si mon fils était capable de ressentir la douleur. Elle craignait qu’il avait un souci, il ne se plaignait jamais quand il se blessait.

C’est resté comme cela. En fait, je me demande s’ils ne savent pas exprimer la douleur comme il le faut et du coup se taisent. Le mien, par exemple, rit quand il se fait mal. Les gens croient qu’il n’y a rien, alors que quand il rit (un rit un peu tendu tout de même), je cours ! Où, pire, il ne dit rien et me regarde, tout en devenant pâle, voire blême. Alors là, s’il ne dit rien et qu’il est pâle, c’est direction les urgences ! Sans blague, et d’expérience !

 

-         Un très grand besoin d’explications

A un enfant normal vous dites « non ». Cela peut déclencher des réactions violentes chez l’Asperger. Il n’est pas mal élevé, il ne comprend pas. EXPLIQUEZ-lui ; on vous dit dans les guides d’éducation de ne pas trop expliquer, mais ici, c’est l’inverse. Dites-lui pourquoi vous avez dit non. P.ex. le danger. Le fait qu’on ne doit pas se comporter ainsi, que sinon les gens se fâchent. Le moment de ne plus expliquer arrivera aussi, bien évidemment, mais tant qu’il est petit, il a juste peur de tout, il faudra donc lui dire pourquoi vous avez telle réaction. Que vous êtes fâché. Que vous êtes heureux.

 

Et bien d’autres encore.